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Le cancer

Le cancer est encore entouré de tabous et de croyances plus ou moins erronées, sources d’angoisse individuelle et sociale ; il est synonyme d’incurabilité et de mort.

Plusieurs dizaines de formes de cancer ont été identifiées. Ces différentes maladies cancéreuses, qui touchent des organes divers et prennent différentes formes, n’ont à l’évidence pas toutes les mêmes causes, et le rôle du stress semble très variable d’un cancer à l’autre.

Pourtant, cette maladie qu’on soigne un peu mieux tous les jours ne constitue que la deuxième cause de mortalité, loin derrière les maladies cardio- vasculaires.

On peut à juste titre se demander pourquoi le cancer, malgré la réalité des progrès thérapeutiques et les campagnes d’information médicale le concernant, demeure au premier rang des préoccupations de santé de nos contemporains.

Bien que les conséquences psychologiques de cette affection pour le malade, son entourage, et l’équipe soignante, soient parmi les plus douloureusement vécues, le cancer, victime du penchant rationaliste de la médecine moderne qui en a étudié les aspects épidémiologiques, biologiques, immunologiques, génétiques..., n’a commencé à être abordé sur le plan psychosocial que tardivement.

Le processus cancérigène est encore largement méconnu, mais il semble que le système immunitaire, quand il n’est plus capable de faire face à l’envahissement des cellules cancéreuses dans l’organisme, participe pleinement au développement de la maladie.

C’est donc sans doute par le biais de l’atteinte de la fonction immunitaire, que le stress pourrait en partie avoir une responsabilité dans le développement du cancer.

Les recherches actuelles qui tentent de comprendre le rôle du stress dans le cancer, s’orientent dans trois grandes directions : l’étude des facteurs de stress à l’origine de la survenue d’un cancer ; la mise en évidence d’un type de personnalité particulier susceptible de favoriser l’apparition de cette affection, et enfin l’analyse de la façon dont les sujets atteints « gèrent » leur maladie.

La personnalité de type C

Des chercheurs ont tenté de cerner des traits de personnalité récurrents parmi les personnes atteintes de pathologies cancéreuses.
On a ainsi regroupé sous l’appellation « personnalité de type C » plusieurs caractéristiques psychologiques.
Les personnes dépressives et sans expressivité émotionnelle semblent en effet « à risque » ; et plus particulièrement les sujets qui ont tendance à réprimer leurs émotions négatives et à se comporter de façon non affirmée et docile.

Une étude étonnante a évalué psychologiquement un échantillon de fumeur parmi les habitants d’une ville de Yougoslavie. Dix ans plus tard, les chercheurs ont constaté que le fait d’obtenir des scores élevés à une échelle qui apprécie deux facteurs psychologiques, la « rationalité » et l’« anti-émotionnalité », prédit très précisément la survenue d’un cancer.
Ainsi, sur les cent soixante-dix personnes qui devaient décéder d’un cancer durant cette période de dix ans, cent cinquante- trois avaient eu des scores très élevés lors de la première évaluation.

En 1977, le psychologue Lawrence Le Shan, spécialisé dans le traitement des malades cancéreux, a identifié quatre conditions psychologiques communes à l’histoire personnelle de plus de cinq cents patients.

Leur jeunesse est marquée par un sentiment d’isolement, de manque d’affection, voire des périodes de désespoir. Au début de leur vie adulte, les patients ont établi une relation forte avec quelqu’un, ou ont eu une grande satisfaction dans leur vie professionnelle, cet investissement privilégié étant devenu leur raison de vivre.

Cette relation leur est ensuite enlevée (décès, déménagement, départ d’un enfant, mise à la retraite, etc.) et entraîne un sentiment de perte qui ravive le sentiment « traumatisant » de l’enfance.
La caractéristique fondamentale du vécu psychologique de ces patients est que leur désespoir reste caché, non exprimé. Ils sont incapables d’extérioriser leurs sentiments (déception, tristesse, colère, agressivité).

Leur entourage les perçoit souvent comme des gens exceptionnels, merveilleux, disant d’eux : « C’est un homme si bon et si doux » ou « C’est une sainte. » Le Shan émet l’hypothèse que les qualités de ces individus sont la marque de leur manque de confiance en eux-mêmes et de leur incapacité à espérer.

Plusieurs travaux confirment et précisent de manière significative cette relation entre stress psycho émotionnel et cancer, laquelle est par ailleurs bien établie par l’expérimentation chez l’animal.

De nombreux chercheurs pensent que cette liaison s’effectue par l’intermédiaire d’hormones sécrétées par l’axe hypothalamo-hypophysaire - centre régulateur des réactions du stress - et du système nerveux végétatif (on sait par exemple que les hormones sexuelles jouent un rôle dans la genèse de certains cancers, comme le cancer du sein et de la prostate).

Les attitudes psychologiques face au cancer

Une étude menée dans un hôpital de Londres en 1979 a analysé les diverses attitudes psychologiques de femmes atteintes d’un cancer du sein, trois mois après une mammectomie.

Quatre types de réaction ont été identifiés :

- le refus (les patientes refusent la maladie et ses conséquences) ;
- la volonté de lutte (elles expriment leur détermination à combattre la maladie) ;
- l’acceptation stoïque (elles acceptent la maladie avec un certain fatalisme et essayent de continuer à vivre) ;
- L’impuissance-désespoir (elles sont complètement submergées par l’irruption de leur maladie).

L’analyse des chances de survie à cinq ans montre que les femmes qui ont réagi à la maladie par le refus ou la volonté de lutter sont plus nombreuses à avoir survécu sans rechute que celles qui ont pris leur maladie avec stoïcisme ou impuissance- désespoir.

Cependant une attitude psychologique spécifique pour faire face efficacement à un type de cancer peut se révéler neutre ou même nocive pour combattre un autre type de cancer.

En tout cas et quel que soit le type de cancer auquel il est confronté, un médecin se doit de rassurer ses patients sur l’évolution de leur maladie et leur expliquer le traitement à suivre.

Il faut surtout prévenir l’apparition de troubles fonctionnels, c’est-à-dire réapprendre au malade à vivre, à manger, à se reposer, à travailler, à dormir, à se distraire.

Ne faisons pas de « terrorisme intellectuel » à propos de l’alimentation, ne multiplions pas inutilement les régimes.

Dans les régions françaises les plus riches, c’est-à-dire là où l’on mange le mieux, l’espérance de vie est la plus longue !

C’est en fait dès l’école primaire qu’il faudrait enseigner « comment garder hommes et femmes en bonne santé ».