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La foi chrétienne repose-t-elle sur du vide ?

« Non, la foi chrétienne repose sur des preuves historiques qui sont vérifiables par tous. C’est pour cela que l’apôtre affirme que sans résurrection historique, il n’y a pas de christianisme (1 Corinthiens 15.12). Si Jésus-Christ n’a pas existé, s’il n’est pas ressuscité alors il n’y a pas de foi chrétienne. »

Vous doutez de la théorie de l’évolution qui a accumulée d’innombrables faits qui se renforcent mutuellement, mais vous ne doutez pas de toutes ces études sur la véracité historique de Jésus alors qu’elles sont faites principalement par des croyants (chrétiens, par ailleurs) ?

Votre position est inconsistante, parce que les raisonnements qui justifient votre scepticisme envers les croyances que vous ne possédez pas, vous ne l’appliquez pas à celles qui vous ont été inculquées dans l’enfance ou qui sont répandues dans votre environnement immédiat. Le hasard du lieu de votre naissance a fait en sorte qu’il y ait plus de probabilité que vous soyez chrétien plutôt que musulman ou juif ou autres.

L’homme cherche à avoir raison d’être certain mais rarement d’être certain d’avoir raison.

Lorsque l’on cherche pour ne pas avoir tort on se suffit facilement de mauvaises preuves. Il est plus facile de croire à une logique erronée que de remettre en cause la valeur de ce qui nous a été enseigné. Car, malgré le doute, on peut garder l’espoir qu’on trouvera des réponses. Et plusieurs mauvaises preuves ne donnent pas une bonne preuve. À partir du moment où vous avez ces croyances, elles biaisent vos perceptions sensorielles et ainsi ces croyances s’auto-renforcent ; on complète la réalité pour qu’elle s’adapte à notre modèle. Les idées religieuses sont congruentes avec les besoins issus de la conscience de soi.

Alors, quelles raisons me donnez-vous de croire que la véracité de ce que vous avancez est plus probable que le fait que vous vous trompiez, que vous me trompiez ou que les chercheurs en question se trompent ?

Une croyance qui est fondée sur une théorie convaincante et qui est constamment soutenue par de nombreuses preuves empiriques ne peut pas être correctement décrite comme « avoir la foi ». Le mot « foi » a plusieurs sens. Chez les athées, cette définition est celle de la confiance simple basée sur l’expérience passée. La foi, dans cette définition, a une limite : elle ne devrait aller que là où les preuves vont, c’est une croyance qui est justifiée. Dans la religion, cependant, la foi signifie beaucoup plus, elle signifie essentiellement de croire en quelque chose sans aucune raison rationnelle et sans suffisamment de preuves empiriques à l’appui. Elle est une croyance injustifiée.

Les chrétiens qui utilisent ce terme pour décrire leurs propres croyances sont censés l’utiliser de la même façon que le fait Paul : « Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. » [Hébreux 11:1]

Et vous accorderez que s’il y avait des preuves RÉELLEMENT concluantes du dieu chrétien, la foi chrétienne n’aurait plus sa raison d’être.

L’expérience personnelle est loin de toujours conférer à nos croyances le degré de certitude qu’on voudrait fonder sur elle. Chacun de nous sait d’ailleurs très bien que nos sens peuvent nous tromper, notre souvenir ne pas correspondre à ce qui s’est vraiment passé, notre jugement s’avérer erroné. Il est donc important de connaître et de comprendre les limites du recours à l’expérience personnelle pour justifier les croyances. Le témoignage de votre conversion est fondé sur votre expérience et, je vous le demande encore une fois : quelles raisons me donnez-vous de croire que la véracité de ce que vous avancez est plus probable que le fait que vous vous trompiez ou que vous me trompiez ? Votre position est inconsistante, parce que les raisonnements qui justifient votre scepticisme envers les croyances que vous ne possédez pas (islam, judaïsme), vous ne l’appliquez pas à celles qui vous ont été inculquées dans l’enfance ou qui sont répandues dans votre environnement immédiat (christianisme).

« Le problème avec la croyance, c’est que trop souvent elle se prend pour une autre, et même pour son contraire, pour la connaissance. Pourtant l’évidence est qu’on croit quand on ne sait pas. Mais le croyant ne voit pas cette évidence. Il prend l’intensité de son sentiment pour une preuve de vérité. C’est l’illusion de la croyance. Comme les enfants, il ne fait pas la différence entre son sentiment subjectif et la réalité des choses. Plus ce sentiment est fort, plus il croit voir juste. Mais entre le savoir et la croyance, la différence est qualitative. On ne passe pas de la croyance au savoir par accroissement de l’intensité. On a beau croire « fort, fort, fort » ou « dur comme fer », on n’en sait pas plus que celui qui doute. Pire encore, on en sait moins ou, du moins, on diminue ses chances de savoir un jour. Car quand on croit savoir, on ne cherche plus. C’est la raison pour laquelle Socrate était plus sage que les croyants de son temps : parce qu’il ne croyait pas, c’est-à-dire parce qu’il savait qu’il ne savait rien.

As-tu pensé qu’un jour on pourrait voir, pour ne prendre qu’un exemple, ta croyance en Dieu ou en l’immortalité de l’âme comme le fait d’une pensée primitive, du même œil que toi tu considères aujourd’hui la croyance en Zeus ou aux anges ? Et ne me réponds pas que tu ne crains rien de tout cela parce que tu as la foi, justement, parce que ton cœur te dit que tu es dans le droit chemin, puisque c’est la possibilité qu’il te trompe que tu dois envisager ici. Et si tu penses un instant au nombre incalculable d’hommes qui ont été induits en erreur par leur sentiment intérieur, tu ne pourras douter qu’il s’agit d’une possibilité sérieuse. »

La croyance forte ne prouve que sa force, et non la vérité de ce qu’on croit. Friedrich Nietzsche

« Il y a des gens qui ne leur viens jamais à l’esprit de reconnaître leurs croyances comme fausses ou même de les considéré comme des croyances, ils ont été programmé avec un tel soin qu’ils les voient comme des faits, la réalité. Ensuite, ils ont peur de perdre le seul monde qu’ils connaissent, celui des désirs des attachements, des pressions sociales, des tensions, des ambitions, des inquiétudes, de la culpabilité et des éclairs de plaisirs et d’exaltations que ces choses leur apportent » (Anthony Demello).

Plus un apprentissage a été difficile, malaisé, douloureux ou même humiliant, moins l’individu est prêt à remettre en cause la valeur de ce qui lui a été enseigné. Cela signifierait en effet qu’il a investi et souffert pour rien.

« On ne perçoit du monde que ce qu’on est préparé à en percevoir. » Bernard Werber

La vérité d’un livre saint est un axiome, et pas l’aboutissement d’un raisonnement. Le livre dit vrai, et si les faits semblent le contredire, ce sont les faits qui doivent être rejetés, et pas le livre. Au contraire, ce que je crois en tant que scientifique, je le crois non pas parce que j’ai lu un livre saint, mais parce que j’ai étudié les faits (fait : donnée observable de l’expérience, souvent invoquée, en vertu de son objectivité, comme preuve indiscutable). C’est vraiment tout autre chose. On ne croit pas les livres sur l’évolution parce qu’ils sont saints, on les croit parce qu’ils donnent d’énormes quantités de preuves qui se renforcent mutuellement. En principe, n’importe quel lecteur peut aller les vérifier. Quand un ouvrage scientifique se trompe, quelqu’un finit par découvrir l’erreur, et elle est corrigée dans les ouvrages suivants. Il est évident que ce n’est pas ce qui se passe pour les livres saints.

Je peux affirmer, grâce à tout un courant en anthropologie et en psychologie évolutive qui analyse la religion comme un produit naturel des habiletés cognitives bio-sociales de l’être humain, que dieu est un pur produit de notre cerveau social.