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LES PATHOLOGIES DU SUJET ÂGE : LES DEMENCES

q Les démences

• Définition : Les états démentiels constituent un groupe très caractéristiques dans le domaine de la pathologie mentale. Néanmoins, les présentations sont multiples en fonction des atteintes cérébrales et la clinique variables. La prévalence de ce type de pathologie augmente rapidement avec l’avancée en âge. On peut retenir qu’un affaiblissement global frappe l’ensemble des facultés psychiques avec une altération progressive de l’affectivité et les activités des personnes. C’est une affection dégénérative qui détruit progressivement les cellules nerveuses du cerveau.

• La clinique : Comme nous venons de le dire, les signes cliniques sont extrêmement variable d’un individu à l’autre. Les signes de début de la maladie peut prendre les formes suivantes :

- La survenue d’oublis apparaissent de plus en plus fréquemment que ce soit dans le nom des personnes, les adresses ou tout simplement des faits récents. Les actes de la vie quotidienne sont perturbées : il peut exister des incertitudes sur le jour de la semaine, des difficultés à s’orienter dans un lieu nouveau. Dans d’autres circonstances, la personne fait preuve de négligence sur le plan vestimentaire ou l’hygiène personnelle, le choix des vêtements peut devenir difficile .... Afin d’évaluer les capacités du sujet, l’I.A.D.L. (Instrumental Activities of Daily Living) peut aider au dépistage. Les items de l’I.A.D.L. évaluent entre autre les capacités à utiliser un téléphone, à utiliser les moyens de transport, à gérer son budget et à prendre ses médicaments. Cette grille, construite par Lawton et Brody dans les années 60 et traduite en langue française en 1986, évalue indirectement les capacités cognitives des personnes à travers un ensemble d’activités quotidiennes.

- Des modifications du caractère et de la personnalité peuvent apparaître prenant la forme par exemple d’une plus grande irritabilité, d’une labilité émotionnelle.

- Une modification de l’humeur peut également se faire jour allant jusqu’à l’apparition d’un tableau dépressif

- Enfin des idées saugrenues, fausses, mal interprétées pouvant aller jusqu’aux idées délirantes de type de persécution ou de préjudice.

Progressivement, les différentes dimensions des fonctions cognitives sont progressivement altérées. La mémoire immédiate s’avère durablement touché avec une incapacité pour le sujet à enregistrer de nouvelles informations. Progressivement, la mémoire ancienne est touchée et la personne âgée oublie peu à peu des éléments de sa propre histoire de vie. Néanmoins, parmi les potentialités longtemps mobilisable, la mémoire ancienne constituera un terrain sur lequel les professionnels de santé et les aidants pourront s’appuyer dans la relation établie.

• Les troubles de la mémoire

Les troubles de la mémoire sont précoces avec un empan mnésique abaissé (difficultés à restituer immédiatement une liste de mot. (Cf. M.M.S.). La fixation mnésique est déficiente. La personne éprouvant de plus en plus de difficultés à retenir des informations à court terme. La personne âgée présente des troubles de la mémoire des faits récents : il sort de table mais demande à quelle heure il va manger. Si, comme nous l’avons déjà évoqué, les troubles de la mémoire ancienne apparaissent peu à peu : les informations neutres disparaissent dans un premier temps alors que les souvenirs avec une charge affective forte restent plus facilement au centre du bagage mnésique.

• Les troubles de l’orientation dans le temps et dans l’espace

Si il est de l’ordre de la normalité d’oublier pendant un court instant le jour de la semaine ou même le lieu vers ou l’on se dirige, la personne atteinte d’une affection démentielle peut se perdre dans son propre quartier.

• Les troubles du jugement, du raisonnement

Le jugement peut être amoindri, ne pas reconnaître des situations incongrus ou anormales, les opérations abstraites (gestion d’un compte bancaire)

• Les troubles de l’attention

Ils viennent renforcer les troubles de la mémoire. L’attention étant un mécanisme sous jacent de la mémoire.

q La démence vasculaire

Les démences vasculaires se définissent par des syndromes d’altération cognitive et comportementaux secondaires à des facteurs vasculaires touchant le cortex cérébral. Cela comprend les démences par infarctus cortical multiple, les démences lacunaires, les ischémie de la substance blanche. En ce sens, la pose du diagnostic recours non seulement à rechercher une étiologie vasculaire mais aussi la recherche de troubles cognitifs. Toutefois, le diagnostic est particulièrement compliqué chez une personne âgée qui peut présenter une maladie d’Alzheimer ainsi qu’une démence vasculaire : démence mixte. En ce sens, un patient atteint d’une pathologie neuro-dégénérative qui souffrirait d’un accident vasculaire cérébral verrait une aggravation de ces troubles cognitif et une accélération de la cohorte physiologique et comportementale. Dans cette perspective, démence d’Alzheimer et démence vasculaire pourrait partager au delà des facteurs de risque liés à l’âge des facteurs génétiques ou endocriniens.

q La démence à corps de Lewy (D.C.L.)

La démence à corps de Lewy représente la seconde démence du sujet âgé (un peu de moins de 20% des cas). Son nom est lié à la présence de corps de Lewy - inclusions cytoplasmatiques - que l’on retrouve dans le noyaux pigmentées du tronc cérébral dans la maladie de Parkinson. Néanmoins, il est possible d’identifier une "variante" associant de nombreuses plaques séniles avec peu de de dégénérescences neurofibrillaires.

Les signes cliniques de cette pathologie sont très proches de ceux d’une maladie d’Alzheimer avec des troubles mnésiques progressifs. Toutefois, il est possible de constaté une plus grande fluctuation des troubles, des troubles de l’attention et des troubles visuo-spatiaux. Dans les formes les plus caractéristiques, une prépondérance des hallucinations est remarquée, des chutes plus fréquentes que dans la D.T.A., des malaises et une agitation plus marquée la nuit.

La démence à corps de Lewy peut concerner des patients ayant présenté pendant quelques années une maladie de Parkinson vraie et chez qui, apparaissent des troubles cognitifs. Si, il existe peu d’atteinte sur le plan instrumental (troubles du langage, de la coordination des mouvements et de la reconnaissance), on remarquera une atteinte des fonctions exécutives avec un net ralentissement.

Au total, la distinction entre démence parkinsonien et démence à corps de Lewy n’est pas toujours aisé.

q La démence fronto-temporale (D.F.T.)

La démence fronto-temporale serait la troisième cause de démence après la maladie d’Alzheimer et la démence à corps de Lewy. On l’estime à environ 10 à 15% des démences mais elle demeure encore mal diagnostiquée et souvent confondu avec la maladie d’Alzheimer.

Elle fut connu initialement sur le plan neuro-pathologique sous le terme de maladie de Pick

L’un de signes cliniques importants est la modification des changements dans le comportement et plus particulièrement dans 4 domaines :

- Une négligence physique par rapport aux habitudes antérieures (vêtements, hygiène corporelle, coupe de cheveu ...)

- Les troubles du contrôle de soi : instabilité motrice, irritabilité, colères, hyper oralité, consommation d’alcool, rires ou pleurs inadaptés

- Les troubles de l’humeur avec une tristesse, une exaltation de l’humeur ou une indifférence affective

- Un manque d’intérêt : désintérêt sur le plan social, des assoupissement diurne, parfois des persévérations ou encore une apathie prononcée

Les troubles du comportement énoncés au dessus ne sont pas en soit spécifiques de la D.F.T. d’où la nécessité de croiser ces éléments avec un début de détérioration cognitive (souvent discrète en début de pathologie)

Source : psychogeriatrie.fr


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