Tout sur Tout

L’intimidation alimentaire est une agression

Quelques-uns unes d’entre vous m’ont confié par courriel qu’elles craignent l’intimidation alimentaire pour leur enfant. Nous pouvons réagir constructivement en utilisant la peur comme moteur pour apprivoiser ce phénomène. Même si fort heureusement nous ne serons pas tous et toutes confrontés à cette réalité, mieux vaut agir pour la prévenir et gagner la capacité d’y faire face. Acquérir du pouvoir sur une l’intimidation alimentaire est une excellente façon de combattre le sentiment d’impuissance et de peur qu’elle peut engendrer.

N’oublions pas que nonobstant l’allergies alimentaire, l’intimidation est une agression contre un individu. Elle est une violence physique et psychologique répétée contre une personne avec l’intention de faire du mal pour avoir le sentiment de contrôler les autres.

Ainsi donc, l’intimidation alimentaire est d’abord et avant tout une forme d’intimidation. Ce qui la rend unique c’est le moyen utilisé pour nuire. Les allergies alimentaires offrent aux agresseurs une vulnérabilité supplémentaire qu’ils peuvent exploiter. Il y a un piège à trop se concentrer sur les allergies et mettre de côté l’affirmation du pouvoir à travers l’agression. Faire l’hypothèse que l’agresseur a une mauvaise connaissance de l’allergie alimentaire ne doit en aucun temps servir à minimiser la situation et à freiner l’intervention visant à mettre fin à l’intimidation.

Dans le cas d’intimidation alimentaire, l’agression atteint un degré supérieur de dangerosité car elle est une menace réelle pour la vie. Ceci étant principalement attribuable au fait que les aliments auxquels l’enfant est allergique ont la capacité de se transformer en armes puissantes contre lui. Surtout que ces aliments sont facilement accessibles pour l’agresseur qui peut les utiliser sans crainte que la menace soit retournée contre lui. L’inégalité des forces dans l’utilisation des aliments comme arme peut être très attrayante pour celui ou celle qui cherche à prendre du pouvoir sur autrui.

En tant qu’agression contre la personne, l’intimidation en général est condamnée par les lois actuelles. À ce propos, Maria Rincon-Robichaud affirme que « Quoiqu’on en arrive rarement à cette extrémité, il est tout de même important que les jeunes sachent que l’intimidation est un crime et qu’une personne âgée de 12 ans ou plus s’expose à une inculpation. ». D’autres recours pourraient être possibles dans le cas d’intimidation alimentaire puisque l’agression menace la vie de la personne allergique. Cela s’est produit dans l’état du Kentucky aux États-Unis où un enfant de 13 ans a été arrêté et accusé d’avoir délibérément mis quelqu’un en danger. CBS News rapporte ici qu’il aurait mis des miettes de biscuits aux arachides dans la boîte à lunch d’un autre élève. Fort heureusement, l’élève allergique n’aurait pas mangé les biscuits et n’a pas eu de réaction.

Le cadre légal québécois actuel est-il suffisant pour protéger nos enfants contre l’intimidation ? Ce n’est pas ce que croit l’Association québécoise des psychologues scolaires qui a recommandé lors de la Consultation Stratégie d’action jeunesse d’adopter une loi contre l’intimidation en milieu scolaire. Ils demandent de pousser plus loin la logique qui a conduit à la loi portant sur le harcèlement psychologique au travail et de statuer aussi sur l’intimidation entre enfants. Et pourquoi pas ?

Source : lesallergiesalimentaires.com